"libérez-votre nez!"
soirée oenologie
(découverte et dégustation)

 

le 10 mars 2000
avec dominique hutin, oenologue professionnel
et patrick naulleau, oenologue amateur

 


Patrick et Dominique, sont deux férus de l'aspect convivial de la table, et le vin en fait partie ! Cette soirée fut à la fois instructive, chaleureuse, détendue et assez animée !

Quelques photos pour se plonger dans l'ambiance d'une soirée, 
- originale dans sa présentation, 
- chaleureuse, il faisait au moins 30°C, car nous étions pas loin de 90 à s'être découvert cet attrait pour le bon vin ! 
- conviviale, car comme vous le savez tous : bonum vinum laetificat cor hominis 
* le bon vin réjouis le cœur de l'homme !
- inattendue, une bouteille vendue aux enchères à la fin de la soirée ....
et nos trois gagnants sont .... pour la modique somme de 300 frs (prix d'ami) ... 
Hervé, Pierre, et Grégoire
( qui ne se trouve pas photogénique, c'est pour ça qu'il n'est pas sur la photo !)

    ouuis ... pas mal du tout ! (le vin, bien sur )






























le bon vin ... amène toujours quelques fidèles...90 personnes étaient au rdv !  ..dans une ambiance conviviale et à l'écoute
déguster, encore et encore :

Qui aurait la prétention de vouloir définir LE (et non LES) vin en une seule et pauvre phrase, en plus de passer pour un vil prétentieux, serait réduit à ne citer qu'une définition dictionnariale  ("boisson fermentée à base de jus de fruits ..."), tant le breuvage chéri est protéiforme, fait de 1000 facettes sans cesse changeantes, offrant autant de caractères qu'il est de régions, climats, millésimes et ... vignerons.
        Aussi pour espérer épouser les contours flous de cette grande nébuleuse qu'est le patrimoine viticole faut-il s'atteler, sans ménager ses efforts et avec assiduité, à une des tâches des plus ingrates : déguster, encore et encore.
Qui n'a pas goûté n'a pas d'avis.
        Comme je te plains d'ailleurs, pauvre buveur d'étiquettes, étriqué du savoir, frileux du plaisir, de n'avoir pour seul horizon que les grands spéculatifs du bordelais, oublieux que tu es des richesses des autres régions ... et du bordelais.
        Car il faut la mériter cette belle mosaïque de goûts de couleurs, de sensations et finalement ... de souvenirs. C'est donc à dessein que nous nous étions rencontrés il y a quelques mois, non pas pour devenir œnologues, mais pour au moins s'ouvrir à quelque curiosité, sous le sceau de la découverte et du plaisir.


... moi, j'en veux !
- devinez le nom du vin !...
 ... heueueu...






Les trois vins dégustés :

Nous empruntâmes donc un fleuve aux couleurs changeantes. 

"Rot Murlé" 1997, 

caractéristique et histoire :
d'abord gracile, il prenait des atours d'or léger, à la consistance fluide. Marquant le nez par sa fraîcheur, cet Alsace Gewurztraminer  de Pierre Frick, offrait quelques méandres autour de ces arômes ultra classiques de rose, typique du cépage Gewurztraminer. 
Pris en bouche, les raisins manifestement cueillis à maturité, donnent une note ronde et sucrée immédiatement ressentie là où est en droit de l'attendre : sur le bout de la langue. L'acidité, pas en reste, équilibrera les sensations pour finalement amener à la fraîcheur. Une côté classique du Gewurztraminer se laissait attendre, en bonne chronologie, pour finir la bouche sur une amertume légère et finalement bienvenue. Bataille donc entre les trois sensations (si l'on exclut le salé) que sont le sucré, l'acide et l'amer.

"Cuvée du Maître" 1997,

 caractéristique et histoire : Puis notre fleuve se fit soudain plus noble et plus rude, moins gracile mais plus austère. De la pureté virginale du blanc, il se fit plus sanguin, plus pourpre même, oubliant sa volonté rafraîchissante pour offrir un caractère plus affirmé. Il n'appelait plus la délicate dégustation, ce gaillard, mais bien un repas, ce Saint-Émilion Grand Cru du Château Jacques Blanc, un repas digne de sa position sociale. 
Un repas de notable, de noble bordelais. Il faut dire qu'il avait revêtu sa robe la plus capiteuse, d'une forte intensité, d'une belle profondeur, d'un velours aux ourlets très gras, glissant lentement le long  des parois du verre. Un millésime solaire ce 1997. Le nez reprenant ces droits ajouta  la surprise à la curiosité : Les arômes étaient très cuits faits certes du classique poivron (emblème  odoriférant des vins du bordelais) mais surtout de pruneaux et d'eau-de-vie. Heureusement que l'on prête au Saint-Émilion des vertus féminines (pour un vin de Bordeaux, s'entend). 
Qu'en serait-il sinon ?
La bouche confirme ce que laissait deviner le nez : une bouche grasse et longue avec sensiblement les  mêmes arômes que pour le nez. 
Ce vin là, appuyé sur une charpente alcoolique très (trop ?) marquée faisait étalage de puissance (solaire) mais manquait cruellement de l'acidité qui lui permettrait de dormir encore quelques années. Nous fîmes donc bien de le réveiller maintenant, sans attendre.
        Nous continuons alors notre descente, quittant les rivages girondins pour chercher des yeux d'autres reliefs mais aussi d'autres âges : la couleur de notre onde chérie prend alors des reflets patinés par le temps. Tout de cuivre et d'orange, il avait abandonné ses airs de jeunesse (des habits rouges, bleus, violets, roses) laissant ainsi deviner son grand âge. Si le Saint-Émilion avait des airs d'adolescent attardé, nous avions ici plutôt à faire à la Belle au Bois Dormant. Il s'abandonnait maintenant le long des parois du verre, 
manifestement à regret puisqu'il fallait de longues secondes pour que ses larmes très grasses rejoignent le gros du bataillon au fond du verre.


"Vieux Rivesaltes" 1959,


  caractéristique et histoire : Un vin certainement rond, encore chargé de son alcool. Prenant le relais, le nez nous laisse pantois. Plus cuit encore, il se laisse imaginer suave, voir moelleux. La bouche nous dira si ces impressions étaient justes. De typiques notes oxydatives (girofles, pierre à fusil) trahissent son élevage en grands foudres pendant de longues années. Serait-il pareil à ces Vins Doux Naturels (VDN) qui font la gloire du Roussillon ? Le pruneau ne laisse aucune ambiguïté quant à ses origines sudistes. C'est sur maintenant, il a grandi au soleil. La bouche attaque tout de suite sur le moelleux. Pas un de ces sucres pâteux, vulgaires et envahissant. Non, plutôt du sucre comme on monte un décor. Ce n'est donc pas une fin en soi mais plutôt le futur théâtre d'une bataille des fameuses sensations rencontrées chez ses cousins (éloignés il est vrai). Sortie de l'on ne sait où, une acidité, toute de fraîcheur vêtue, vient remettre le sucre à sa place, nous ramenant à un juste équilibre.
        D'une longueur digne des vieux sages, ce Vieux Rivesaltes 1959 du Mas des Garrigues ne résiste toutefois pas à la volonté de nous séduire et déploie, toutes voiles dehors, des accents de cerise noire, de cacao. C'est en fait un appel, il a dormi plus de quarante ans et à son réveil, affamé, il réclame un gâteau au chocolat ou se laisserait faire avec un roquefort digne de sa classe. Il consentirait aussi à magnifier un joli foie gras.
        Le fleuve se soustrait maintenant à notre regard, s'évaporant dans les monts des Pyrénées, dévalant les coteaux du Rivesaltes pour rejoindre la mer. Nous, épuisés par ce voyage et la concentration qu'il demandait pour être apprécié, sommes encore pendant quelques instants abasourdis face à notre verre qui, l'espace d'une soirée, se fit carte postale.
        

  à  la votre !







Prochains rendez-vous, 

à la Bastille :
- "Au Sud, le Languedoc-Roussillon" - Jeudi 29 Juin 2000 - 20 Heures
- "La vie en Rosés" - Jeudi 6 Juillet 2000 - 20 Heures
Deux conditions : être curieux(se) et décontracté(e).
Si la chose vous amuse, laissez-nous vos coordonnées par le moyen de votre choix pour recevoir le calendrier et le programme détaillé (liste des vins, petite restauration, participation, ...) des festivités.

Pour en savoir plus :

Dominique Hutin
AOC- Agitation Oenologique & Culinaire
76-78 rue du faubourg Saint-Antoine - 75012 Paris
Tél / Fax : 01.44.73.44.97

E-mail : a_o_c@club-internet.fr Site Web : http://perso.club-internet.fr/a_o_c/
 


présentation de la Cave - soirées du vendredi - programme


222 rue du faubourg saint-honoré paris 8ème
m° ternes / charles de gaulle-étoile / georges v