liban : passé, présent
et avenir
témoignage, diapos, film


 

le 28 mars 2000
avec élie mazloum,
juriste, franco-libanais


Elie Mazloum, 32 ans, franco-libanais, est venu à la cave du 222 nous faire découvrir l'histoire et la souffrance de son pays natal. Elie rédige actuellement une thèse en droit boursier comparé franco-libanais et ainsi proposer, dans son travail de recherche, des améliorations dans ce domaine.
Il a retracé le Liban dans son histoire, sa culture, son partimoine, nous montrant également la complexité de ses 15 années de guerre, d'un début de paix et d'une reconstruction difficile mais qui s'inscrit dans la durée...Pierres après pierres la volonté de ce libanais est de voir un jours son pays libre...

Laissons ses images parler pour lui...

le coucher de soleil dans la mer du Liban...

La forêt des Cèdres nord-Liban...

temple de Baalbek...
Le peuple libanais est issu de la civilisation Phénicienne (vers 4000 Avant JC).

Les phéniciens étaient réputés par leur habilité en tant que marchands et marins. Ils inventèrent également l’alphabet – une graphie composée de 22 signes qui allait être reprise par les grecs, par les Romains et par tout l’occident. La plus ancienne inscription de ce type date du XIIIe S. avant JC. ; gravée sur le sarcophage d’Ahiram, roi de Byblos (elle est conservée au musée de Beyrouth).
C’est une République indépendante depuis 1943, avec 10.450 Km² (210 Km de longueur et de 25 à 60 Km de largeur) et d’environs 4 millions d’habitants (dont plus de 6 millions à l’étranger : essentiellement USA, Canada, Amérique Latine, Afrique, Australie, et France dont environ 60 mille à Paris).
- Capitale : Beyrouth, environ 1 Million d’habitants
- villes les plus importantes : Tripoli, Saïda (Sidon), Tyr (Sour), Zahlé, Djounié et Jbeil (Byblos).
- Langue officielle : Arabe.
- Système éducatif : français, anglais, arabe.
- Frontières 10.450 Km², avec la Syrie et Israël ;
- Altitude maximale 3.090 m ;
- Pays très riche en eau (réserve du Moyen Orient) ;
Ce pays a été au cours des siècles un lieu de rencontre de civilisations et de cultures aussi nombreuses que variées.
Le nom Liban signifie en araméen iè. blanc, à cause du mont Liban (une chaîne montagneuse tout au long de la côte).
Le Liban est régi par la constitution du 26 mai 1926. Celle–ci a été modifiée à plusieurs reprises. La dernière modification en date est celle des accords de Taëf.
Le Confessionnalisme est prévu par la constitution pour concilier les intérêts de toutes les communautés, puisque le Liban est une mosaïque de dix-sept communautés.
A la différence des pays européens, qui ont évolué vers une plus grande laïcité de l'Etat et de la société civile, le Liban demeure marqué par la question spirituelle qui domine l'ensemble des rapports sociaux, y compris les comportements politiques.
Avant même son appartenance à l'entité libanaise, le Libanais se définit ou se détermine par référence à sa confession.
De même, s'il souhaite se marier au Liban, le Libanais doit se rattacher à un rite, car le droit libanais ignore le mariage civil ; autrement dit, tout Libanais est tenu d'adhérer à une communauté, qu'elle soit ou non celle de sa naissance.
Le Libanais est donc à la fois citoyen libanais et membre d'une communauté confessionnelle.
Il n’est pas possible d’évaluer correctement la répartition communautaire puisqu’il a été impossible de faire un recensement de la population pour des raisons politiques. Parmi les communautés, deux sont spécifiquement libanaises, parce qu’elles ont leur centre originel dans le pays : les Maronites et les Druzes.
Pour écrire l'histoire actuelle du Liban moderne, il suffit en quelque sorte de tracer celle des maronites.
L’église Maronite est dirigée par un Patriarche qui porte le titre de « Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient ».
L’origine des maronites est due à Saint Maron 410 ap JC.
Les Maronites se rallient à Rome en 1289, d’où leur fuite d’Antioche vers les montagnes libanaises pour fuir la persécution Byzantine et de conserver leur autonomie.
Le Liban a été déchiré par une guerre qui a duré 15 ans (1975-1990). La fin de la guerre a donc eu lieu en 1990, suite à l’accord de Taëf. Suite à cet accord il y a eu la dissolution des milices et le ramassage de leurs armes en 1991, sauf pour le Hezbollah qui a continué à exister militairement.
Ne disposant pas de ressources naturelles, il a longtemps dû son développement exceptionnel à son rôle de pont entre Orient et Occident, entre capitaux arabes et banques du Nord. Mais, même en cas de retour à la paix, il lui faudra reconquérir une place nouvelle dans un Moyen-Orient profondément transformé depuis 1975 où, partout, sous la pression de la libéralisation et de la fin du socialisme arabe, des concurrents sont apparus.
Par la suite et pour leur avenir les Chrétiens du Liban compte sur l’aide des Chrétiens d’occident pour que la Chrétienté reste présente au Moyen-Orient.


les colonnes de Baalbek...

la Vallée des Saint - Quadischa -


 

un cèdre du Liban..

Passé :

La guerre du Liban a des causes multiples : libanaises; palestiniennes; israeliennes; syriennes; internationales;...

Déclenchement de la guerre
-   la situation a commencé à se dégrader dès 1969;
- le 24 janvier 1975, le Chef des Phalanges Chrétienne – Pierre Gemayel- adressait un mémorandum au Président de la République Libanaise accusant les Palestiniens de bafouer la souveraineté de l’Etat et demandant que la question de leur présence au Liban soit traitée dans les termes où elle avait été formulée et résolue dans les autres pays arabes. Le 20 février il réclama un référendum sur cette question.
-Le 18 avril 1975 : premier acte de guerre au Liban.
-Début de la guerre le 13 avril 1975 opposant les milices chrétiennes aux Palestiniens
-La guerre déborda rapidement les limites de la capitale pour s’étendre à tout le pays.
-Des comportement barbares eurent lieu de part et d'autre, tel que le massacre dans la ville de Damour au mois de janvier 1976.
-Le 24 janvier 1976, un cessez-le-feu imposé par les Syriens intervient, matérialisé par la signature d’un accord ;
- Le 18 mars 1976 reprise des combats ;
-Le 6 juin 1982 : l’invasion Israélienne. Beyrouth Ouest  fut assiégée par l’armée israélienne. Ce siège a entraîna l’évacuation des Fedayin le 19 août 1982 ;
- Le 23 août et 14 septembre 1982 : élection et assassinat de Béchir Gemayel, trois semaines après son élection.
- le 16 septembre 1982, le malheureux massacre de centaines de civils palestiniens, dans les camps de Sabra et Chatila. Je ne suis pas qualifiué pour me prononcer sur la ou les responsabilités des commettants. Je ne peux que condamner un tel acte de barbarie.

- Amine Gemayel élu à la suite du massacre de son frère le 21 septembre 1982 ;
- L'armée israélienne se retire du Liban le 10 juin 1985 à l'exception de la partie Sud " la zone de sécurité ".
- En septembre 1988 après l'échec des tentatives de trouver un successeur à Amine Gemayel, le Liban se retrouve sans président. Comme la constitution le prévoyait, Michel AOUN fut nommé, par le Président sortant, Premier Ministre chargé de préparer les élections du nouveau Président de la République Libanaise. Les musulmans n’acceptant pas cette nomination, le Liban se retrouve alors avec deux gouvernements - l'un " chrétien " dirigé par le général Michel Aoun, chef de l'armée, l'autre " musulman " conduit par Sélim Hoss, qui a succédé à Rachid Karamé (assassiné le ler juin 1987).


Présent :

quartier des affaires pendant la guerre...









ligne de démarcation

 

Les Maronites ont joué un rôle très important dans l'évolution du Liban. Ils étaient les principaux acteurs avec les autres communautés dans la florescence du pays comme dans ses échecs.
En 1989 la guerre civile prend une autre dimension, et la nouvelle bataille inter-chrétienne qui émergera, mènera a la période la plus amère et la plus absurde.
En octobre 1989 le Parlement libanais se réunit à Taëf et élit un nouveau président de la République Libanaise.
Michel AOUN refusa de reconnaître cette élection, puisqu'il estimait que celle-ci ayant eu lieu en dehors du territoire libanais et maintenait qu’il était le seul chef du gouvernement chargé d'organiser les éléctions.

En plus du refus de reconnaître la validité de l'éléction, il s'est confronté aux milices chrétiennes (forces libanaises), ce qui a affaiblit le camp chrétien dans son ensemble.
En effet depuis 1987 les forces libanaises à leur tête Samir Geagea et l'armée libanaise ayant pour chef Michel AOUN ne cessèrent de s'affronter. Ce n'est pas avec grande joie qu'ils voient le général Aoun se dresser comme un rival dangereux depuis qu'il a été assigné chef du conseil de ministres transitoire. Surtout que ce dernier a réussi, à gagner une popularité incomparable et a osé défier les Syriens et annoncer la guerre de libération.
Une guerre inter-chrétienne entre l’armée libanaise et les forces libanaises, éclata après la nommination de Michel AOUN comme chef du conseil des ministres, chargé d'organisé les élections qui n'ont pas eu lieu en raison de l'impossibilité de réunir le parlement à temps auparavant à sa nomination.
Ces deux dernières guerres (élimination, libération) laissèrent les chrétiens a leur sort, sans aucun soutien externe, les non chrétiens ainsi que les Etats Occidentaux ne comprenait rien à cette guerre entre des personnes où leur chefs appartenaient à la même communauté religieuse.
Les Syriens appuyés par américains intervinrent pour mettre fin à cette guerre et par la même occasion sur tout le Liban.

Peu avant cette période, un comité arabe ayant pour but de trouver une solution pour le conflit libanais réussit a réunir les députés libanais dans la ville de Taef dans l'Arabie saoudite, ou les américains présentèrent un projet complet. Ce projet fut étudié par les députés qui l'approuvèrent le 22 octobre 1989 après quelques corrections nécessaire, et ceci sous la bénédiction du Roi saoudien, et du numéro deux en Syrie, le vice président Abd el Halim Khaddam.
Cet accord fut connu sous le nom de l’Accord de Taef, et est à l'origine de la deuxième République Libanaise.
Il traite surtout de la distribution, désormais égalitaire, du pouvoir entre les 3 chefs: le Président de la République (maronite), le Premier Ministre (sunnite), et le chef du Parlement (chiite), puisque les vastes pouvoirs attribués au Président de la République étaient considérés comme l'une des causes majeur de la guerre libanaise.
Le second point traité par l’accord de Taëf, c'est le re-déploiement des forces Syriennes au Liban, et les relations qui vont lier le Liban a la Syrie à l’avenir.
Cependant ce second point n’a jamais été appliqué et a été dénoncé plus tard par plusieurs personnalités libanaises qui l’avait à l’origine accepté et notamment c'est le cas du Patriarche Maronites qui n’a cessé de demandé son application, à savoir notamment le retrait de l’armée Syrienne dans la Bekaa et de laisser place à l’armée libanaise.


Les premières élections législatives depuis 1972 se déroulent en août et septembre 1992, boycottées par de nombreuses forces et personnalités chrétiennes, notamment par de nombreuses personnes qui avaient aupparavant soutenus l’accord de Taëf tel que les Forces libanaises et le Patriarche Maronite Mgr Nasrallah Sfeir. Le taux de participation fût très faible, sauf dans le Sud où il avoisina les 50 %.
Le Hezbollah connaît un succès particulier, avec huit élus, ce qui en fait le premier parti politique du pays, les 120 autres sièges ayant été, pour l'essentiel, conquis par des notables ou des personnalités proches de Damas. Les maronites apparaissent comme les grands perdants du scrutin.


La nomination du Rafik Hariri, à la tête du gouvernement suscite bien des espoirs de reconstruction et de redémarrage économique. Mais l'ultra libéralisme et l'affairisme qui a règné au Liban, suite à la guerre ainsi que le projet de reconstruction de Beyrouth, auront vite eu raison de l'optimisme de la population puisque tout cela entraînèrent un endettement assez important du Liban.

Malgré une reprise des investissements, le sort de la population reste précaire.

 

Avenir :


Quartier populaire de la ville de Tripoli...












 

quartier des affaires après la guerre...

Le Liban est à la porte de l’Occident et de l’Orient : c’est le carrefour des religions Chrétiennes et musulmanes.
Cependant le Liban est le seul pays au Moyens Orient où les Chrétiens ont une totale liberté dans la célébration de leur culte et dans l’organisation interne de leurs Eglises...

Si nous souhaitons que la Chrétienté ne disparaisse pas au Liban, il faudrait que les Chrétiens d’occidents se sentent plus responsable vis à vis des Chrétiens d’Orient. Cette responsabilité doit se manifester concrètement afin que les Libanais Chrétiens ne se sentent pas abandonnés par les chrétiens d’occident, surtout que l’entraide entre les musulmans se fait fortement sentir depuis la fin de la guerre (subventions octroyées à des écoles, universités, mosquées, programmes éducatifs musulmans,...etc).

Une autre guerre a lieu actuellement au Liban : la guerre économique.
Depuis la fin de guerre en 1990 la vie devient de plus en plus chère et les difficultés commencent à se sentir
Beaucoup de personnes n’ont pas de travail en raison de la concurrence de la main d’œeuvre étrangère. C’est pourquoi, nombreux sont les Chrétiens qui souhaitent quitter le Liban pour pouvoir gagner leur pain ailleurs.


Nombreux sont les parents qui n’ont plus les moyens pour envoyer leurs enfants à l’école parce qu’ils ont besoin de l’argent pour se nourrir. Cette éducation était une des priorité et fierté des Chrétiens du Liban, qui leur avait permis, jusque-là, d’avoir un bagage intellectuel leur permettant d’accéder à une situation convenable. Perdre cette arme intellectuelle pourrait déstabiliser politiquement et économiquement les Chrétiens et ainsi affaiblir la Chrétienté voir la faire disparaître.


Comment rester indifférent et ne pas réagir face à cet énorme enjeu ?

Si vous vous intéressés au Liban vous pouvez contacter élie mazloum : emazloum@hotmail.com

El Metn-dans la montagne libanaise (vue de sa maison !)


présentation de la Cave - soirées du mardi - programme


222 rue du faubourg saint-honoré paris 8ème
m° ternes / charles de gaulle-étoile / georges v