l'état face à la modernité :
débat
 

le 7 décembre 1999
avec claude laruelle,
haut fonctionnaire


Nous vivons dans un monde en perpétuelle évolution. Les nouveaux outils technologiques ,le développement de moyens de transports de plus en plus rapides et la très forte élévation du niveau de vie de notre pays ont changé nos manières de vivre, de penser, nos relations aux autres.
A côté de cette réussite sans précédent , le corps social reste fragilisé par un chômage massif, une exclusion de ceux que l'Abbé Pierre appelle les « petits » de plus en plus importante. Economie rime désormais avec précarité richesse des uns et pauvreté des laissés pour compte.

Et l'état dans tout cela ?

L'Etat, garant des solidarités et de la cohésion sociale a plus que jamais un rôle à jouer dans ce monde qui se construit. Sa première mission fondamentale est d'assurer la cohésion et la sécurité du groupe, ce qui veut dire assurer la paix vis à vis de l'extérieur, assurer la sécurité à l'intérieur du territoire tout en garantissant la solidarité entre les plus riches et les plus pauvres afin d'éviter toute explosion sociale.
Dès lors gouverner veut dire trouver la voie étroite qui permet de garantir le développement du pays et la nécessaire cohésion sociale. On parle beaucoup à ce sujet de pensée unique, mais il faut bien reconnaître que dans un pays en crise depuis 25 ans, il n'y a pas beaucoup d'autres solutions que de rechercher à rendre les entreprises compétitives et à doser les efforts de redistribution financière pour aider les plus démunis sans décourager ceux qui produisent. C'est ainsi que les gouvernements de droite ont fait leurs les mesures de solidarité sociale mises en oeuvre entre 1988 et 1993, tout comme les gouvernements de gauche prônent une économie quasi-libérale, cherche à maîtriser l'immigration clandestine et font leurs les soucis sécuritaires de nos concitoyens.

 

Face à la société qui bouge, l'Etat cherche aussi à évoluer. Depuis 15 ans il a beaucoup modifié son périmètre d'intervention en diminuant fortement ses actions dans la production de biens et de services et en renforçant son rôle dans la solidarité (politique de la ville notamment) et dans la régulation des marchés pour garantir une saine concurrence. L'exemple le plus frappant est le secteur des télécoms. Dans les années 70, les PTT était une administration comme les autres. Une forte mutation est intervenue entre 1980 et 1995 pour transformer progressivement cette administration en entreprise cotée désormais en bourse. Très récemment l'Etat a décidé de se doter d'une autorité de régulation des Télécoms pour assurer une saine concurrence entre les opérateurs. Dans cet exemple, l'Etat passe d'un rôle d'opérateur à celui de régulateur en diminuant finalement très fortement son intervention.


Les administrations classiques n'ont pas autant évolué. Après le choc de la décentralisation, les services de l'Etat se sont un peu repliés sur eux-mêmes, et ont cherché de nouvelles marques. Depuis 10 ans environ, ils ont retrouvé une place dans le concert territorial et national. Ils ont beaucoup modernisé leurs outils pour la production administrative mais n'ont pas su faire évoluer leurs structures pour répondre à la demande du corps social. C'est tout l'enjeu aujourd'hui de la réforme structurelle de l'Etat qui n'a que trop tardé.

à bientôt !




bibliographie sommaire :
Guy SORMAN : l'Etat minimum
Jean PICQ : il faut aimer l'Etat.


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