Action L'accueil et le service pendant les JMJ


« TOUT ce que vous ferez à l'un de ces petits, c'est à moi que vous le ferez . » Le Christ s'est donné à nous, et nous a donné sa vie. Et nous que pouvions-nous faire ? Vivre les JMJ en étant au service de l'autre, de l'étranger venu en pélerinage à Paris. Pouvions-nous rêver plus beau, même si les difficultés n'ont pas manqué ?

vivre d'abord l'accueil entre nous

Nous étions une équipe de 20 volontaires, marchant vers un même objectif : vivre le don de soi pendant 10 jours. Arrivant d'horizons différents, n'ayant pratiquement jamais vécu ce genre d'expérience, nous avions à apprendre à donner de façon gratuite dans et en dehors de notre groupe.

Si l'accueil est bien la première étape de cette mise au service de l'autre, il s'agissait d'abord de le vivre entre nous. Tout commençait donc au sein de notre équipe, où il était primordial de s'accueillir l'un l'autre. Comment réussir à vivre côte à côte en s'acceptant mutuellement, en dépassant fatigue, petits soucis et énervement ? Une petite lanterne nous guidait au quotidien : le désir de découvrir le Christ et de le servir à travers notre prochain.

Se préparer individuellement par la prière était essentiel à l'homogénéité et à la cohésion de l'équipe. Son fruit était de pouvoir prendre en considération chaque personne avec ses qualités et ses limites. La parole nous accompagnait aussi. Parfois le soir, pour ne rien garder pour soi de rancoeur ou d'incompréhension, nous nous réunissions pour un temps d'oasis, d'échange sur notre expérience, de remise en question, pour l'amélioration de notre organisation. Dans la journée, la présence d'un frère, la participation à l'eucharistie venaient nous soutenir pour servir de notre mieux les pèlerins.

servir dans la gratuité

Accueillir l'évêque de Rome et des milliers de jeunes, leur donner de notre temps, pouvait paraître irrationnel à certains et une perte de temps. Parfois, nous avions l’impression de ne pas "servir" à grand chose tant nos actes semblaient petits. Aller chercher à l’autre bout de Paris des vivres pour les différents cafés Jubilatio. Préparer un couvent agréable pour recevoir les frères et sœurs du monde entier. Transporter un orgue à deux heures du matin. Offrir un verre aux pélerins assoiffés, être disponible pour leur indiquer le chemin ou répondre à leurs questions. Les missions ne manquaient pas. Sur le moment, nous ne nous rendions pas compte de l’importance de tous ces petits actes réunis.

Même si nous doutions de leurs utilité, nous marchions en confiance. Garder le sourire même après avoir répondu plus de 200 fois à la même question, ou servi des verres d'eau sans s'arrêter, nous avons découvert que c'était possible. Nous nous raccrochions à l’idée d’abandon de soi et de gratuité, cherchant à toujours nous dépasser pour aller vers l'autre et être prêt à répondre à son besoin. Notre récompense quotidienne venait dans le sourire, la joie de vivre des pélerins et des frères et sœurs.

l'accueil est un don réciproque

Accueillir l’autre demande une attitude d'amour à l'image de celle que le Christ nous enseigne. Nous pensions accueillir et en fait c'est l'inverse qui s'est produit. Ce sont eux, les pèlerins du monde entier qui nous ont appris que l'accueil est un don réciproque. Ainsi, à Longchamp, les participants ont su nous accepter avec notre fatigue. Leur reconnaissance passait par de petits cadeaux, des sourires et des remerciements. Cet échange a été rendu possible par le Christ qui nous ouvre à l’autre.

Peut-on encore parler de gratuité après avoir reçu cette joie de donner, d'aimer, d'accueillir et de servir, tout en avançant sur un chemin d'humilité ?



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