Contemplation Contempler, c'est aimer et se laisser aimer

DIEU nous est présent, à tout instant, en toute chose. Contempler, c'est Le retrouver. Se tenir là devant Lui. Être là, dans le silence ou la tourmente.

S'offrir, s'ouvrir au désir qui monte en soi : désir de connaître Dieu et de l'aimer, désir de vie et de paix, de concorde, désir sans nom et qui nous habite au plus profond.

En ce plus profond de nous, de chacun de nous, l'appel de Dieu résonne. Il nous cherche : " Adam, où es-tu ? " (Gn 3, 9). Quelle que soit la noirceur de nos actes, Dieu nous cherche. Tels que nous sommes. Quelles qu'aient pu être nos chutes ou nos divisions, le Christ nous a déjà sauvés. Dieu nous cherche, au plus profond de chacun, pour dire que son Amour est plus grand, plus fort, plus important que nos faiblesses et nos infidélités. Son Amour va plus loin que là où notre regard, et même notre cœur, nous portent.

Visage du Christ

Contempler, c'est accepter tout simplement cet appel ; y répondre en se laissant consoler, en se laissant aimer tel que l'on est. Celui qui nous dépasse infiniment, Celui qui est douceur et bienveillance, nous visite. Il nous attire. Contempler c'est se laisser saisir par Lui. Mystère de pauvreté où l'on s'efface pour que l'Autre prenne place, Lui qui vient, Lui qui est déjà là. S'appauvrir : comme une mort où la vie est redonnée.

L'appel de Dieu retentit tout au long de la vie. La contemplation est donc le parcours d'une vie : la nôtre, et celle du Fils de Dieu qui a vécu au milieu de nous. Deux vies indissociablement unies. C'est entrer dans un mystère d'alliance, laisser monter en soi l'Amour. S'établir toujours plus dans cette certitude d'être aimés, où l'on découvre qui est Celui qui nous aime et qu'Il nous a aimés le premier. Aujourd'hui encore, nous sommes aimés au point qu'Il donne sa vie pour nous.

À certains moments, un instant seulement ou quelques heures durant, le cœur s'élève vers la beauté. Ce peut être dans une église, sur un trottoir, devant un paysage, à partir d'une image ou d'une parole. Ou de rien : la soif sourd tout simplement, d'une source cachée, obscure. D'autres moments débordent de peine devant la laideur de la violence et de la haine, devant un Fils en Croix ; on y avoue alors sa passivité, son impuissance, on y découvre à garder confiance contre toutes les apparences. Tendre la main sans jamais la refermer. Le laisser nous toucher et nous guérir là où nous avons le plus mal, là où nous sommes. En tout instant, mystère d'une rencontre, de confiance, d'abandon, d'amitié, de sérénité, comme une fleur ouvre ses pétales au lever du soleil et découvre au monde la beauté et le charme de son intérieur.

Au plus profond, contempler Dieu, c'est s'ouvrir à son mystère, et entrer dans le mystère : mystère de Dieu notre Père, mystère du Christ Jésus, mystère de l'Esprit Saint. Entrer, en se laissant pénétrer par quelque chose qui vous déborde et finalement vous enveloppe par l'intérieur. En être si imprégné que vous êtes comme immergé, vous êtes dedans alors que cela vous est arrivé par l'intérieur. C'est rayonner comme si le Mystère prenait sa source en vous, alors qu'il vient d'au-delà de vous...



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