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Vivez l'avent avec jubilatio !

 
un temps pour entrer dans le jubilé.....  
  Naître à la Parole :
pour que la chair devienne Parole
Is 40,1-5:9-11
Psaume 84
2 Pierre 3,8-14
Marc 1,1-8

2e dimanche de l'Avent
l'annonce du prophète


« Osons-nous encore crier vers Dieu ? Osons-nous, comme les Hébreux, nous adresser à Dieu et en faire un interlocuteur, un partenaire ?
Osons-nous combattre avec Dieu jusqu'à ce qu'il ouvre notre coeur, jusqu'à ce qu'il se donne à nous ? »

Voilà les questions sur lesquelles nous étions restés dimanche dernier. Elles sont essentielles, car elles nous ouvrent au premier pas vers la Parole.
La route de nos vies est la route vers la Parole, vers la Parole de Dieu et vers notre propre parole.
Notre chemin est un chemin pour que notre être devienne une parole, pour que notre parole ne soit pas différente de notre être.
Nous disions que nous sommes appelés à laisser la Parole naître en nous, à laisser Dieu naître en nous, pour qu'en même temps nous puissions naître à la Parole, pour que nous puissions naître en Dieu.
Notre parole est si souvent un bavardage, une dispute, un débat d'opinions, qu'elle en oublie qu'elle est appelée à manifester notre coeur. Ou plutôt, c'est ce bavardage, cette dispute verbale qui manifeste que notre coeur est un coeur qui divise et condamne, un coeur qui convoite et jalouse, un coeur qui vit à la surface de lui-même et refuse la rencontre avec soi-même et des autres.
Quand nous allons à la rencontre de nous-mêmes, nous y trouvons un autre déjà présent qui nous attend, et qui nous cherche.
Nous y trouvons une parole qui nous précède et qui nous dit : « enfin, te voilà, je t'attendais, où étais-tu ? Que faisais-tu hors de toi-même, à te fuir, à t'enivrer de ce qui ne fait que passer ? »

Ce jour-là, nous laissons la Parole naître en nous, et la Parole devient notre demeure. Mais quel chemin emprunter pour accueillir cette Parole qui nous est déjà donnée ?
Nous le disions dimanche dernier, tout commence par un cri, par le cri d'un peuple qui sait que son libérateur est vivant, et qui sait que par lui-même, il ne va nulle part.

Oser ce cri, est le premier pas vers la Parole, car il provoque une déchirure en notre être, en cet être enfermé sur lui-même, et c'est ce que cette toile veut montrer : cette trace blanche qui dans le corps vient jusqu'à la bouche crée une ouverture dans une vie marquée par l'obscurité, par l'oppression des montagnes, par la fatigue, la peur et l'abattement en provoquant cette déchirure, le cri nous a rendus aptes à entendre un autre appel, une annonce, une parole qui vient de loin proclamée dans le désert.
C'est dans ce désert parfois si semblable à nos vies, que l'être déchiré par le cri peut entendre cette annonce, cette parole d'espérance.
Et que dit-elle, qu'annonce-t-elle ? : « le Seigneur vient, voici votre Dieu. »
Ce message nous console.

Car ce Dieu que nous pensions si loin, si insensible à notre incapacité d'aimer, qui semblait nous laisser errer loin de lui, voici qu'il vient.
Et s'il vient, il le fait avec puissance et avec tendresse.
Oui, le Dieu qui vient est un Dieu puissant, un Dieu qui a pour trophée justice et paix, et pour fruit vérité et amour.
Oui, le Dieu qui vient est un Dieu de tendresse, qui porte sur son coeur les agneaux et prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.
Cette annonce vient réchauffer nos coeurs, car la détresse aura une fin, un ciel nouveau se lèvera.
Déjà la lumière se fait jour, au loin.
Déjà les coeurs se réchauffent.

Mais cette parole ne fait pas que consoler et réchauffer les coeurs, mais invite à une mise en route : « Préparez à travers le désert, le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu. »
Oui, c'est bien dans le désert de nos vies, dans nos terres arides, que survient l'invitation à préparer un chemin, à tracer une route.
A tracer la route vers la Parole.
A tracer la route de la Parole.

Au cri du peuple, répond donc l'annonce du prophète. Par sa bouche, il invite à la metanoïa, au changement d'habitudes. Nous sommes si souvent enfermés dans nos habitudes de penser, de vivre, que nous ne pouvons pas imaginer qu'il est possible de penser et de vivre autrement.
Aidé par d'autres, nous avons créé un petit monde, qui réduit notre champ de vision, qui réduit notre capacité d'aimer.
Finalement, nous sommes devenus des aveugles, des esclaves de cette vision du monde et des autres.
Notre bavardage est le signe que ce petit monde est sec et sans saveur, ennuyeux et banal.

Frères et soeurs, si nous avons osé lancer notre cri vers Dieu, si nous avons osé lui dire, « pourquoi nous laisses-tu errer loin, hors de tes chemins », et que nous avons entendu que le Seigneur vient, alors n'étouffons pas cette autre parole qui accompagne la consolation.
N'étouffons pas cette parole qui depuis la nuit des temps avec Abraham, invite au déracinement des habitudes, cette parole qui invite à l'aventure spirituelle, à l'aventure de la Parole :
« Mets-toi en route, va vers la Terre Promise, vers la terre de la Parole, la terre de ton Dieu »
« Change d'esprit, sors de tes habitudes mentales »
« Accepte de voir autrement, alors tu parleras autrement »

Frères et soeurs, avons-nous vraiment le désir de changement, avons-nous le désir d'une nouvelle naissance, avons-nous le désir d'une vie nouvelle ?
Préparer cette naissance de la Parole en nous, cette naissance de Dieu en nous, c'est après avoir osé le cri, - qui a provoqué comme une brèche en nos murailles bien épaisses -, c'est après avoir osé ce cri, ne pas avoir peur de laisser s'exprimer ce désir de la vie de Dieu en nous, ce désir de prendre le risque de la Parole.
Ce désir, si nous le laissons faire, est comme l'eau qui suinte et pénètre par la brèche de nos murailles, qu'on ne peut retenir et qui peu à peu élargit cette brèche.
C'est elle, cette ouverture de la brèche qui provoque le changement de nos habitudes, qui les transforment.
Aussi, un jour la muraille usée par l'eau cédera, ce jour sera celui du Seigneur, celui de la naissance à la Parole, celui de la disparition avec fracas des cieux de nos habitudes et de la terre de notre péché qui seront remplacés par le ciel nouveau de la justice et la terre nouvelle de la paix.
Alors, frères et soeurs, ne colmatons pas la brèche de nos coeurs et laissons l'eau du désir l'élargir, c'est elle qui nous ouvre à la vie en Dieu. Amen.

frère Thierry-Marie COURAU

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