Contemplation Étymologie du mot contempler

LES augures* venaient à un endroit bien dégagé. Nul arbre trop grand, nul édifice ne devait opposer un obstacle au regard qui embrassait toutes les directions. De la pointe d’un bâton, les hommes délimitaient sur le sol un espace, le templum. Alors, du centre de l’espace devenu sacré, vers le ciel, la contemplation se déployait : les augures scrutaient le vol des nuages, leurs ombres, les mouvements des oiseaux, arabesques vers le soleil ou vers un autre point de l’horizon. Dans ce que le ciel et ses habitants donnaient à voir, ils percevaient ce qu’il y a derrière les événements, et ce vers quoi les hommes se dirigent. Les augures pouvaient, croyait-on, interpréter tous les signes du monde et du ciel, tant leur regard était aiguisé.

C’est sans doute dans cette réalité de l’antiquité que le mot contemplation trouve son origine. S’il en a gardé l’attitude d’ouverture et d’attention, le christianisme l’a complètement transformé. Là, proche de la divination. Ici, expression du sommet de toute prière, et en même temps ce qui lui donne vie et force dès les premiers pas : l’homme s’ouvre à une présence, il regarde Dieu, qui le regarde et lui a déjà ouvert le cœur.



* augure :
prêtre de la Grèce antique chargé d’interpréter les présages tirés du vol et des chants des oiseaux.
Seigneur, je t'en prie, que la force brûlante et douce de ton amour prenne posssession de mon âme et l'arrache à tout ce qui sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as daigné mourir par amour de mon amour.

François d'Assise



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