Contemplation Quelques grains de relation

ROUTE, rail, avion, téléphone mobile, fax, internet, que de moyens pour communiquer rapidement avec ceux qui nous sont proches, comme avec ceux qui sont au bout du monde. La communication tisse nos relations. La vie est relation. Par tous les moyens possibles, nous avons besoin de nous rejoindre, de nous retrouver, d’échanger, de partager.
Mais pour partager quoi ? pourquoi ? Dans quel but ? Pour quelle aventure commune ?
Jésus demande un jour aux disciples de son cousin Jean-Baptiste qui le suivaient : « Que cherchez vous ? » Et s’il nous posait aujourd’hui la même question ? Que cherchons nous ?

Souvent, nous allons, nous venons, nous voyageons, nous apprenons d’autres langues, de nouvelles techniques. Nous organisons des réunions en petits groupes pour réfléchir, ou des immenses meetings sportifs, culturels, sociaux, religieux. Sommes-nous ainsi plus proches, dans la connaissance des uns et des autres, dans la fraternité ?
Apprendre à vivre ensemble, briser la routine, l’isolement, l’indifférence, n'est-ce pas préparer un avenir heureux ? Vivre un temps fort tel que les JMJ de 1997, enthousiastes, unis par-delà nos différences, vibrant ensemble par toutes les fibres de notre être, peut-être est-ce cela que nous cherchons ? Un bonheur à goûter ensemble dans une relation de respect profond, de solidarité, de liberté.
Mais en dehors de ces grands moments de joie, d’émotion, de réconfort où tout paraît plus facile, la vie ordinaire est parfois bien terne, compliquée, solitaire. Comment trouver la relation vraie qui fait vivre ? La relation qui fait aimer, jour après jour, aussi bien dans les difficultés que dans la joie, dans les échecs que dans les réussites.

un chapelet

Sous la tente du Rosaire, lors des JMJ, des objets petits et modestes étaient offerts aux visiteurs, fabriqués avec amour par des milliers de sœurs moniales. Dix grains de bois enfilés sur une petite cordelette fermée d’une croix : un dizainier. Cinq dizaines de grains pour consituer un chapelet. Quinze dizaines : un rosaire. Des petits grains, qui glissent dans les doigts, alors que le cœur répète à l'infini, “ Réjouis-toi ”. Ils nous relient à la Vierge Marie qui nous guide ainsi dans la rencontre de son fils, Jésus le Christ.

D'abord chemin d'intériorité, ce même petit fil qui relie les grains nous envoie aussi vers les autres. Car après la salutation à Marie vient la demande de son aide. “ Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous pécheurs ”. Pour nous, qui développons le repli sur soi, l'égocentrisme. Pour nous tous : les comblés, les démunis, les riches, les pauvres, les oubliés, les forts, les faibles...
Tous solidaires, nous sommes faits, à l'image de Marie, pour transmettre et partager l’amour que Dieu nous porte. Tous ces mots si simples dits à Marie, qui montent du cœur de chacun, répétés à l’infini, les uns avec les autres, les uns pour les autres, tissent ainsi un réseau de relations bien réelles. Le petit dizainier se donne donc comme un moyen merveilleux de communication, car il façonne notre cœur pour l'ouvrir à celui qui vient. Moyen apparemment insignifiant, mais moyen d'excellence, il ouvre la route de l’espérance et de la confiance en celui qui est la source de la relation : l’Amour.



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