Action Le Service : témoignage d'un "homme vert"
  • Les volontaires chargés de toutes les tâches d'organsation matérielle pendant les JMJ 97 portaient un T-shirt vert, ce qui leur valu immédiatement le surnom "d'hommes verts". L'un d'entre eux nous livre ici son expérience du service pendant l'événement.

« IL est 7h du matin, et malgré une nuit très courte, je me lève d'un bond contrairement à d'habitude et sans vraiment savoir pourquoi... Je sais juste qu'on m'attend avec d'autres volontaires pour charger un camion de nourriture à l'autre bout de Paris, et pour ensuite le décharger dans un couvent, et ce pendant toute la matinée.

La fatigue ?…je n'y pense même pas. Moi qui d'habitude rechigne à faire le moindre effort pour aider mes parents, cette fois je me sens comme porté vers le service et en particulier celui des pèlerins qui vont affluer d'un moment à l'autre. J'ai déjà le profond sentiment de faire partie d'une grande communauté qui va se rassembler et s'enflammer cette semaine pour une seule et même raison : partager l'Amour de Dieu.

A 12h30, nous sommes de retour, et déjà nous devons repartir d'urgence pour un autre endroit car des provisions de boissons doivent bientôt arriver. Arrivés là-bas, rien…Deux heures d'attente et pourtant pas la moindre impatience, mais plutôt une joie de savoir que nous pouvons être utiles d'un moment à l'autre. Ce service que j'allais rendre tout l'après-midi, personne ne m'avait demandé de le faire, je m'étais juste proposé. C'est à ce moment-là que le sens du mot gratuité m'a envahi.

l'accès à la gratuité : une libération

D'habitude je rendais service en attendant une récompense : de l'argent, un cadeau, une reconnaissance... donc par intérêt, ou alors quand je n'avais pas le choix. Mais cette fois j'utilisais toute mon énergie et toute ma volonté pour des pèlerins que je ne verrais même pas et dont je ne pourrais pas voir la joie. Pourtant, quelque chose m'étonnait encore plus : le bonheur de rendre service allait en grandissant au cours de la semaine malgré la fatigue de plus en plus grande. Jamais je n'aurais pu tenir une semaine entière à dormir seulement 4 à 5 heures par nuit, et encore moins à travailler comme on l'a fait. Mais ce sentiment de participer à un très grand rassemblement au sein de l'Eglise et de servir autrui nous faisait oublier la fatigue et le regret de ne pas assister à tous les grands événements dont profitaient les pèlerins : catéchèse, messes, veillées...

Par ce sacrifice, notre bonheur était d'autant plus grand, surtout pour moi qui sentais alors cette privation comme une libération : l'accès à la gratuité et au trésor d'aimer l'autre par le service. Et cette spontanéité à servir l'autre n'allait pas s'arrêter avec la fin des JMJ... au contraire ! Depuis, il m'est beaucoup plus facile d'aider des gens plus ou moins proches pour de petits services, des tâches quotidiennes. C'est presque devenu naturel alors qu'auparavant le moindre effort pour l'autre m'apparaissait comme une corvée. Toutefois, je reste persuadé que l'on n'est jamais trop serviable. Maintenant, je comprends mieux pourquoi la devise "SERVIR" était à la base de tout dans mon ancien lycée. En effet, Jésus disait : " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ". Et la meilleure façon d'aimer l'autre, ne serait ce pas de le servir ?



Retour © Jubilatio ! 1998