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Vivez l'avent avec jubilatio !

 
un temps pour entrer dans le jubilé.....  
  Naître à la Parole :
pour que la chair devienne Parole
Is 61,1-2a
Cantique Luc 46-54
2 Thess 5,16-26
Jean 1,6-8 :19-28

3e dimanche de l'Avent
la voix du témoin


" Il se tient au milieu de vous celui que vous ne connaissez pas. "
" Il est ici parmi vous, celui que vous attendez. "
Le Baptiste voit et désigne le Sauveur, l'Oint du Seigneur à ceux qui viennent enquêter sur ce qu'il fait.

Jean-Baptiste nous le désigne.
Savons-nous voir qu'il est là, qu'il est présent ?
Pouvons-nous entendre celui qui nous dit : " Dieu est présent, regarde-le qui vient à toi. Regarde-le, il est parmi nous. "
Et si nous ne le voyons pas, pourquoi ? Pourquoi, ne voyons-nous pas le Christ ?

Cette question me fait penser au conte du Petit Prince de Saint-Exupéry : Antoine de Saint-Exupéry explique au début de cette histoire comment, lorsqu'il avait six ans, il avait été impressionné par un livre sur la forêt vierge qui expliquait que : " les serpents boas avalent leur proie tout entière, sans la mâcher. Ensuite, ils ne peuvent plus bouger et ils dorment pendant les six mois de leur digestion. "
Sur quoi, il fit son premier dessin. Le montrant aux grandes personnes et leur demandant si le dessin leur faisait peur, celles-ci lui répondent : " Pourquoi un chapeau ferait-il peur ? "
Mais son dessin ne représentait pas un chapeau, il représentait un serpent boa endormi, digérant un éléphant. Vous imaginez, le boa allongé ayant pris la forme de l'éléphant.
Plus tard, son avion échoué dans le désert du Sahara, il rencontre le petit Prince qui lui demande de dessiner un mouton.
Il recommence par ce dessin du boa fermé.
Et le petit bonhomme lui répond : " Non ! Non ! Je ne veux pas d'un éléphant dans un boa. Un boa c'est très dangereux, et un éléphant c'est très encombrant. Chez moi c'est tout petit. J'ai besoin d'un mouton. Dessine-moi un mouton. "
Nous sommes comme ces grandes personnes qui ne savent pas voir et prennent le boa qui digère l'éléphant pour un chapeau.

Comment réussir à voir le Verbe fait chair qui vit parmi nous ?
Depuis deux dimanches déjà, nous cheminons ensemble, et nous essayons de comprendre quel chemin prendre pour naître à la Parole.
Nous avons commencé à nous laisser interroger par le cri du peuple, puis par l'annonce du prophète et aujourd'hui, par la voix du témoin.

Aussi nous sommes-nous interrogés à notre tour : D'abord, osons-nous crier ?
Puis, avons-nous le désir de changer ?
Et aujourd'hui : nous risquons-nous à ouvrir les yeux ?
Le premier dimanche, nous étions invités à ne pas cesser de crier vers Dieu, nous étions invités à comprendre que veiller ce n'est pas être passif, mais de se tenir dans l'attente en combattant avec Dieu, certains que le moment du salut viendra. C'est, dans les ténèbres, continuer de se tenir à la porte.
Le deuxième dimanche, dimanche dernier, nous entendions au sein de notre déchirure, une annonce double, - d'abord consolante et pleine d'espérance : " Ton cri a été entendu : le Seigneur vient, oui le Seigneur vient ", - mais aussi exigeante : " Si tu veux rencontrer celui qui vient à toi, change d'état d'esprit ". C'était une invitation, non seulement à se tenir à la porte, mais à ouvrir la porte.

En ce troisième dimanche, c'est une voix joyeuse, celle du témoin, qui vient frapper les cœurs préparés, qui vient toucher les cœurs : " Il est là, il est là, prisonniers, voilà votre délivrance, captifs voilà votre liberté. "

Frères et sœurs, nous risquons-nous à ouvrir les yeux à cette lumière qui surgit par la porte ?
Le témoin, dont nous entendons la voix, est celui qui nous permet, d'ouvrir les yeux à la lumière, de comprendre que l'action salvatrice de Dieu est active, maintenant.
Que c'est le moment.
Le témoin est celui qui est marqué par Dieu, qui en porte la trace Sa voix porte la Parole de Dieu.
Elle la communique.
Par sa voix, il désigne et dévoile l'œuvre de Dieu dans nos vies.
Il est celui qui nous dit : " Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas. "
Le voyons-nous, celui qui se tient au milieu de nous ? Si nous ne le voyons pas, c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'entendre la voix, mais qu'il faut aussi la recevoir, l'accueillir.

Ainsi, croyez-vous que les prêtres et les lévites envoyés par les Juifs de Jérusalem, arrivent à voir en celui que désigne Jean-Baptiste, le Messie, le Fils de Dieu.
Nous le savons, ils n'arrivent pas à comprendre celui que le Baptiste désigne, car ils sont enfermés dans leurs propres désirs, dans leur propre idée du salut.
Nous aussi, même si nous croisons un témoin, si nous ne nous sommes pas préparés par le cri et le désir du changement, si nous ne nous sommes pas mis en route pour élargir notre vue, pour recevoir la parole de l'autre, alors cette rencontre ne sert à rien, elle n'a pas lieu.
Finalement, elle n'est pas encore une rencontre, elle est une entrevue, un croisement.

Pourtant, si nous savons regarder, tous les jours, des hommes et des femmes nous désignent le Christ vivant dans leur vie et dans notre vie, le Christ nous ouvrant à la liberté.
Les témoins sont là, ils ne faut pas les chercher ailleurs que dans nos vies, nos vies de tous les jours. Très souvent, nous ne voulons que de l'exceptionnel, du spectaculaire, du médiatique.

Finalement, la condition que nous posons pour commencer un changement est souvent : " Si Dieu intervient de façon spectaculaire, s'il me guérit ou guérit Untel, s'il me procure une vision, s'il m'envoie un ange avec des ailes, alors je changerais. "
Mais c'est l'inverse, c'est en osant ouvrir les yeux, c'est en risquant de voir différemment, que dans l'ordinaire de nos vies, l'extraordinaire se découvre.
Un geste d'amitié, un service gratuit, une parole qui desserre l'angoisse, un pardon, une reconnaissance, mais aussi, une peinture, une musique touchent, tous les jours, le cœur de celui qui cherche Dieu, qui sait voir l'action de Dieu dans sa vie.
Pour celui qui sait voir Dieu, tous ces actes témoignent de la lumière et la manifestent.
Ces personnes et ces actes témoignent par l'amour et par la joie, par la paix et par l'ouverture, par l'accueil et par l'écoute.

Ce n'est pas eux qu'ils désignent, ni leur chemin, mais c'est le Christ vivant en eux, sans même parfois qu'elles le sachent.
Alors, ceux qui reçoivent ce témoignage, ceux qui savent l'entendre, tressaillent de joie, ils exultent en Dieu.

Pourquoi, ne savons-nous pas entendre et recevoir ce témoignage qui se donne à voir tous les jours ?
Parce que nous sommes comme ces grandes personnes dont parle Saint-Exupéry, qui ne savent plus voir la réalité des choses, mais ne voient celles-ci qu'à travers leur filtre, qui répètent inlassablement le même discours, celui de leurs certitudes.
Alors, ces grandes personnes sont malheureuses.
Elles se plaignent, elles gémissent sur le monde, et sur elles-mêmes,

Frères et sœurs, seuls des enfants ou des grandes personne ayant pris le risque de voir autrement peuvent rencontrer un témoin, peuvent entendre une voix, celle d'un Jean-Baptiste qui leur désigne la présence et l'action de Dieu, qui leur désigne ce Dieu qui est un ami et un frère.
Puissiez-vous être de ces grandes personnes. Amen.

frère Thierry-Marie COURAU

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