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Vivez l'avent avec jubilatio !

 
un temps pour entrer dans le jubilé.....  
  Naître à la Parole :
pour que la chair devienne Parole
 

4e dimanche de l'Avent
la parole recueillie


" Regarde ! J'habite dans une maison de cèdre et l'arche de Dieu habite sous la tente. ", voici ce que dit le roi David au prophète Nathan.
David, vous vous en rappelez, est cet un homme qui n'hésite pas à faire tuer le mari de la femme qu'il a prise.
Et pourtant la Bible le décrit comme un homme selon le coeur de Dieu.
Le nom qu'il porte signifie bien-aimé, il est le bien-aimé de Dieu.

Etonnant ! Etonnant amour de Dieu pour l'homme pêcheur !
Non seulement Dieu aime cet homme pêcheur, mais de plus il lui a tout donné.
Il l'a fait roi, il a détruit ses ennemis, il en a fait un homme riche et respecté.

Mais, tout recevoir d'un autre, c'est trop.
Alors David se culpabilise, il voudrait faire quelque chose pour son Dieu, il veut lui faire une maison en dur, et Dieu refuse.
Non seulement il refuse, mais en plus il dit à David, que c'est lui Dieu qui construira une maison à David, qu'il lui donnera une descendance et une royauté qui ne s'éteindront jamais.
Pourquoi Dieu refuse-t-il l'offre de David ?
Un temple en dur, en cèdre, avec de l'or et des pierres précieuses. Cela n'est pas si mal, d'ailleurs c'est bien ce que fera le fils de David, Salomon : un temple magnifique.

Cette histoire vieille de trois mille ans peut-elle nous apprendre quelque chose sur Dieu ?
Pour en savoir plus, je vous propose d'avancer de 1000 ans dans l'histoire et d'écouter ce qui se passe dans cette maison de Nazareth, où une jeune fille vierge a été accordée en mariage à un charpentier de la lignée de David.
Gabriel entre chez elle.
Et que fait-il cet ange?
Il lui dit qu'elle est comblée de grâce par Dieu.
Cela signifie qu'elle va concevoir et enfanter un fils, qu'elle va être la demeure qui donnera une vie humaine au Verbe divin.
Cette maison qu'elle est, Marie ne l'a pas construite, mais elle lui a été donnée.
Cette irruption de la vie divine en elle, elle ne l'a pas déterminée, mais elle l'accueille.
Si elle peut l'abriter, c'est parce qu'elle s'inscrit comme le fruit d'une longue tradition familiale et religieuse d'hommes et de femmes creusés par le cri dans l'attente de la libération, c'est parce qu'elle appartient à cette lignée de pauvres qui cherchent Dieu.
Et l'espace intérieur de Marie est tellement vaste qu'elle peut comprendre et accepter que Dieu puisse venir dans son peuple d'une façon tout à fait nouvelle et unique, en venant dans la chair humaine, en venant dans son corps.

Accepter de se laisser emmener par Dieu jusqu'à la véritable terre promise, voilà quel a été le chemin du peuple juif depuis David jusqu'à Marie.
Et c'est aussi celui qui nous est proposé.

Mais nous nous égarons comme David.
Nous voudrions tellement construire pour Dieu, une maison qui puisse lui convenir. Nous voudrions être des êtres parfaits et irréprochables.
Et quand nous disons irréprochables, nous voulons dire conformes à l'idée que nous avons de la perfection.
Et cette conception est tellement éloignée de notre réalité que nous ne pouvons que repousser la venue de Dieu en nous. "
Non pas encore Seigneur. La maison n'est pas assez belle, pas assez grande, pas assez lustrée.

Or, nous oublions que Dieu ne cherche pas un temple d'or et de cèdre pour habiter, mais qu'il se plaît dans une tente, c'est-à-dire dans une maison fragile, une toile qui peut se déchirer, qui peut être abîmée par la pluie et le transport.

Dieu se contente d'un coffre, une caisse de bois brut, il se satisfait d'être au milieu de son peuple, un agrégat d'individus mal dégrossis.
L'arche dont parle David, qui était le signe visible de la présence de Dieu parmi son peuple au désert, était une boîte dans laquelle il y aurait eu les tables de la Loi, les Dix Paroles données au Sinaï à Moïse.
Vous imaginez ! La Parole de Dieu dans une caisse !

Cette image de l'arche est souvent utilisée pour associer à Marie, la dimension de vase, de capacité, de contenant, d'espace, car elle est cette cavité par excellence, cette enveloppe fragile où le divin se plaît à loger.
La vierge ne reçoit pas le Verbe de Dieu en elle à cause de son mérite ou de sa pureté, mais elle le recueille, comme on recueille une goutte de rosée sur une feuille, par sa qualité d'écoute et de mise en pratique.
Et c'est ainsi qu'elle en devient la mère.

" Ce sont ceux qui écoutent ma parole et la mettent en pratique qui sont ma mère, mon frère, ma soeur ", dit Jésus.
Recueillir, récolter les paroles de vie qui nous sont offertes.
Ecouter, c'est-à-dire accepter de recevoir l'autre tel qu'il veut se donner, ne serait-ce pas l'une des tâches les plus difficiles au monde ?
Car seul peut écouter celui qui est, disponible, vide de soi pour être tout à l'autre.
Seul peut être vide de soi celui qui n'a plus peur, de lui-même, de Dieu, des autres.
Et seul peut ne plus avoir peur celui qui a pris le risque de tout lâcher dans la parole, c'est-à-dire celui qui a accepté d'être sa pauvreté, sa fragilité, qui a reconnu qu'il n'est pas plus qu'une caisse mal dégrossie, une toile de tente raccommodée.
Marie peut écouter sans peur, car elle est pauvre, c'est-à-dire qu'elle n'a rien à donner, qu'elle n'a pas de palais à construire pour Dieu, rien à bâtir.
Ou plutôt, c'est qu'elle n'a plus que deux choses à pouvoir livrer qui n'en sont qu'une, son corps et sa parole, qui en elle ne sont plus qu'une chose, c'est-à-dire tout son être.

Mais pour pouvoir les donner, pour pouvoir se donner, elle ne peut le faire qu'en s'ouvrant à celui qui vient, qu'en recueillant la Bonne Nouvelle qui survient, qu'en s'ajustant à celui qui passe chez elle et que l'ange lui dévoile.
" Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, le Fils du Très-Haut. "
Marie adhère à sa propre réalité, celle d'être la demeure de Dieu, celle de laisser le Verbe naître en elle.
" Qu'il m'advienne selon ce que tu m'as dit. "
Dans ce consentement où tout son être s'abandonne au divin qui se déploie en elle, Marie naît à la Parole.

Frères et soeurs, nous pourrions voir en Marie, une extra-terrestre, un petit prince venu d'une lointaine planète, tombé de façon prédestinée sur notre terre.
Ceci serait une grave illusion.
Marie est notre soeur et, son mystère d'accueil est une invitation pour chacun d'entre nous à emprunter une route semblable.
Si en Marie, toute l'épaisseur charnelle, toute la chair devient Parole, c'est qu'elle a rendue disponible son corps et son esprit l'Emmanuel, c'est-à-dire qu'elle l'a totalement recueilli en elle.
A nous aussi, tout est déjà proposé, mais nous ne savons pas le recevoir. Nous n'osons pas le recueillir.

Aujourd'hui, 2000 ans après, Dieu nous visite et vient demander à éclore en nous.
Pour le lui permettre, nous avons découvert ensemble et franchi trois étapes : - oser le cri, avec le peuple - développer son désir de changer, à l'annonce du prophète - prendre le risque de voir autrement, pour entendre la voix du témoin.
Survenant l'une après l'autre, chacune des étapes a eu pour objet à nous disposer à être cette habitation de la Trinité, qui cherche à être accueillie chez nous pour nous donner sa paix, sa joie, son amour, qu'elle est.

Frères et soeurs, puissiez-vous accepter aujourd'hui d'être cette frêle tente qui recueille ce message étonnant de l'ange : " Dieu viens faire sa demeure en toi. ", puissiez-vous devenir ce creux qui entre en dialogue avec d'autres creux.
Vivez dans l'action de grâce, car c'est aujourd'hui que le Verbe se conçoit en vous, pour que vous puissiez naître à nouveau, pour que vous puissiez naître à la Parole. Amen.

frère Thierry-Marie COURAU

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